Propriétaire: Hervé Gueguen, Rennes (Bretagne, je dois maintenant préciser)
Année 1880-1881. Longueur 235, largeur 135. Acheté en 2002 à Emmaüs. Aurait auparavant appartenu à une école religieuse de musique à Paris (18ème).


1 - vue générale

2 - figurine finement sculptée

3 - Découvert dans un état de netteté rare! Je pense que le sommier est recouvert d'un cache-chevilles.

4 - Même remarque. Les bouclettes courtes montrent que le piano a été remonté en cordes. On devine quelques petites misères sur la table, presque sûrement sans gravité, mais la fente à droite mérite vérification. On peut se poser des questions sur l'authenticité (et l'utilité ou la nuisibilité) de tant de feutre sur les brins libres des cordes - je n'ai pas d'avis définitif à ce sujet mais une réticence, je serais intéressé par d'autres avis à ce sujet. C'est pour ces détails que les instruments "dans leur jus" sont si intéressants. A cette époque on faisait des pianos légers et on les rendait aussi sonores que possible (l'exemple le plus frappant est le remarquable Clementi illustré plus bas); la philosophie s'est inversée, on fait maintenant des pianos puissants et on bride les excès. Il est mauvais de mélanger les deux. La loi du marché fait aussi que le professionnel préférera mettre trop de feutres que de faire un piano de course en prenant le risque d'avoir une corde qui zingue (et donc un client pas satisfait). On n'a rien sans risques mais c'est au client de les accepter!

5 - Ici au chevalet grave la bande de feutre paraît de bon goût. Quelle belle machine.

6 - Quelques sculptures gigonnaires pour un instrument de concert

7 - Détail de la patine au coin de la joue et de la courbe. A l'époque, on plaquait avec un bois cher pour ensuite le noircir et finir au tampon pour faire encore plus cher.

8 - Pieds un peu plus massifs que sur les modèles de salon mais ce sont les mêmes roulettes, je crains. Sur la lyre, au milieu du manque de placage, on aperçoit le trou d'accès au réglage du pointeau de pédale.